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Association fondée en 2002 pour l'étude et la conservation de la sculpture des anciens Pays-Bas

 

 

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Bref historique de :

La sculpture et des arts décoratifs du XVIe au début du XXe siècle

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Quelques spécialisations

La production en série ne se limita pas aux seuls autels de Flandre. La prospérité croissante et l’expansion du commerce au cours du xvie siècle favorisèrent la spécialisation des artistes. Parallèlement, des branches spécifiques se concentraient dans certaines villes les manufactures de tapisserie à Bruxelles et Audenarde la confection de verre et de majolique à Anvers la sculpture en albâtre — produite par les cleynstekers — et la fabrication de figurines saintes en bois — ou poupées de Malines — à Malines; la production de cheminées en grès et de statuettes en terre de pipe bon marché à Utrecht.

Le centre producteur de sculptures miniatures n’a pas encore été situé exactement, mais il était certainement implanté dans l’une des plus grandes villes flamandes. Durant la première moitié du xvie siècle, des ateliers fabriquaient toutes sortes d’objets précieux en buis destinés à la dévotion privée des rosaires, des pendentifs de chapelet et des autels portables. Le pendentif de chapelet attribué au sculpteur Adam Dircksz. dont la formation et l’œuvre restent inconnues, porte les armes du régent de Delft Van Bleiswijk, ce qui témoigne d’un travail de commande. Cette petite boule de buis s’ouvre à l’aide d’une charnière elle renferme deux minuscules reliefs déployant, sur quelques centimètres carrés, une variété de détails digne des grands retables. Le propriétaire pouvait porter l’objet à la ceinture, comme ornement, ou le fixer à son chapelet et s’en servir pour accomplir ses dévotions. En outre, ce pendentif soulignait la haute position sociale de son détenteur.

Un très petit retable provenant du même atelier affiche une virtuosité semblable. Cet objet, servant au culte privé, était également considéré comme une œuvre d’art un tel foisonnement devait certainement étonner et amuser les visiteurs lorsqu’il était exposé. En ce sens, il peut être vu comme un précurseur des œuvres rassemblées dans les cabinets d’art que les princes et les riches bourgeois collectionnaient pour leur rareté ou leur ingéniosité. Parmi les acheteurs de sculptures miniatures figuraient des personnages importants appartenant à la haute noblesse, mais aussi le roi d’Angleterre Henri VIII.

L’installation d’un petit nombre de potiers italiens dans les Pays-Bas au début du xvie siècle eut d’indéniables conséquences. Originaire de Castel Durante, le potier de majolique Guido da Savino s’établit dès 1508 à Anvers, où le rejoignirent quelques années plus tard Janne Maria da Capua et Johannes Franciscus de Brescia, deux émigrés italiens travaillant dans cette nouvelle branche de l’artisanat. Ils importèrent une connaissance technologique et artistique d’une grande valeur pour la production de céramique de luxe et furent à l’origine d’une manufacture anversoise de majolique qui se montra florissante après 1550. La deuxième génération de potiers, totalement assimilés à la population locale, fournissait en céramique une clientèle fortunée.

Les premières majoliques produites à Anvers sont fortement influencées par la technique et le décor italiens. Sur le fond blanc obtenu par émail d’étain étaient appliqués divers pigments pour créer une décoration colorée à l’origine, celle-ci comprenait surtout des motifs floraux combinés ou non à des scènes figuratives. Une cruche réalisée par le spécialiste de majolique Franchois Frans témoigne du talent de ces potiers. Les grotesques et les mascarons, ressortant sur le fond jaune, rappellent les décorations créées par Raphaël dans les chambres du Vatican. Au centre des médaillons, les petites représentations bibliques, illustrant l’histoire de Tobie, sont peintes dans la tradition décorative italienne de l’istoriato.

Frans était marié à la veuve de l’un des premiers potiers de majolique installés à Anvers, Guido da Savino, dont il fut le chef d’atelier de 1543 à 1563. À cette époque, la demande en majolique s’accrut sans cesse et celle-ci n’était pas limitée à la région d’Anvers, comme en témoigne une commande de l’abbé Rekamp provenant d’Aduard, dans la lointaine province de Groningue. En 1547, il commanda deux carreaux émaillés portant les armes de l’ordre et son propre blason, qui furent posés dans le refugium du couvent de la ville de Groningue. Des commandes passées depuis l’Angleterre et le Portugal sont également attestées. Le succès de ce nouveau produit encouragea même un certain nombre de potiers de majolique anversois à s’installer, au cours du xvie siècle, à Haarlem, Middelburg, Amsterdam ou Norwich (Angleterre). Leurs œuvres et le développement de la production nationale seront à l’origine de la faïence de Delft, qui verra le jour au xviie siècle.

L’histoire de la confection des verres de luxe aux Pays-Bas s’apparente à celle de la majolique. En Italie, l’industrie du verre était concentrée à Venise, Florence et Altare, une ville voisine de Gênes. Malgré les interdictions municipales concernant la divulgation des procédés de fabrication et les peines sévères que les verriers vénitiens faisaient peser sur les candidats à l’émigration, un grand nombre d’entre eux s’établirent un peu partout en Europe au cours du xvie siècle. L’une des premières manufactures de verre bâtie sur le modèle vénitien au Nord des Alpes fut fondée à Anvers en 1549. Dans cette ville qui devint vite l’un des centres verriers les plus importants du nord-ouest de l’Europe, toutes les techniques connues à Venise étaient utilisées et tous les types de verre confectionnés. De nombreux Vénitiens séjournaient quelque temps à Anvers avant de s’établir ailleurs en Europe. C’est le cas de Giacomo Verzelini, né à Venise en 1522. En 1556, il arrivait à Anvers où il se maria et, seize ans plus tard, s’installa à Londres pour diriger une manufacture de verre.

La diffusion en Europe de la technologie et du talent des Vénitiens fut à l’origine de la formule à la façon de Venise qui, dès le milieu du xvie siècle, désignait ces verres de luxe. Les procédés de fabrication et les formes des verres italiens et dits à la façon de Venise se ressemblent il est donc très difficile de distinguer un verre néerlandais. Le Catalogue Colinet, réalisé par la manufacture du Hainaut, offre d’intéressantes indications à ce sujet. Ce manuscrit du xvie siècle est l’ancêtre des catalogues de vente il comporte de petits dessins à la plume accompagnés de courtes descriptions des différents modèles fournis par la manufacture. Une boule de verre transparent, entièrement ornée de petits masques de lion, est classée dans ce catalogue parmi les formes apparentées au ciboire, nom désignant autrefois des verres à bière ou à vin qui étaient livrés, au choix, avec ou sans couvercle. La forme et les décorations de ce verre sont probablement empruntées à un modèle en argent. La reproduction d’objets en métal précieux prouve la grande technicité des souffleurs de verre travaillant à la façon de Venise. Élégant et raffiné, le verre se caractérise par sa finesse et sa transparence mais aussi par les subtiles décorations qu’il déploie, stries, masques en relief, petites perles de turquoise et dorures.

En 1581, un premier verrier de style vénitien quitta Anvers pour s’établir dans les Pays-Bas du Nord Govaert Van der Haghe obtint de la ville de Middelburg l’autorisation de s’implanter et une subvention annuelle. En dix ans, sa manufacture à la façon de Venise conquit tout le marché des régions septentrionales. À sa mort, en 1605, l’Italien Antonio Moretti reprit la fabrique qui employait, outre les souffleurs de verre, environ soixante veuves et enfants. Après Middelburg, de nouvelles manufactures virent le jour, à Amsterdam en 1597, à Rotterdam et La Haye au début du xviie siècle. Dans les villes de moindre importance, Gorkum, Nimègue ou Zutphen par exemple, les entreprises étaient plus petites et souvent peu florissantes.

Une branche voisine, la peinture sur carreaux de verre, se développa principalement à Anvers. Les peintres sur verre étaient pour la plupart des artisans anonymes qui utilisaient les projets peints ou dessinés par d’autres artistes et produisaient souvent en série. On connaît ainsi les œuvres de certains peintres, tels Dirck Crabeth, de Gouda (actif vers 1540-1570), et son aîné Dirck Jacobsz. Vellert, d’Anvers. Ce dernier peignit avec la précision d’un dessin à la plume Le Triomphe de l’Éternité, une représentation issue de la série Les Triomphes de Pétrarque. Sur un char triomphal tiré par les figures emblématiques des quatre évangélistes — l’ange, l’aigle, le taureau et le lion — trône la Trinité, symbole de l’éternité. La signature DV et la date de 1517, apposées sur le carreau haut d’une vingtaine de centimètres, témoignent de l’intérêt porté à ce type d’œuvres. La fonction ou la destination première de ce petit panneau de verre est inconnue, mais il existe des séries de carreaux représentant les Triomphes dans les demeures de riches bourgeois. Le choix de ce sujet laisse supposer une pensée humaniste chez le commanditaire.

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