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Association fondée en 2002 pour l'étude et la conservation de la sculpture des anciens Pays-Bas

 

 

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Bref historique de :

La sculpture et des arts décoratifs du XVIe au début du XXe siècle

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En dehors des centres de production industrielle, des potiers en chambre étaient actifs depuis l’essor du nouveau style. Joseph Mendes da Costa créa toutes sortes de figures humaines et d’animaux stylisés dans un grès décoré de glaçure au sel. Le jeu gracieux des lignes lui importait beaucoup. À l’instar de ses confrères néerlandais, Mendes da Costa consacra une grande partie de son œuvre à la plastique animale naturel et spontanéité caractérisent ses singes assis qui renouvellent le genre. Ses sources d’inspiration étaient très diverses, mais il emprunta beaucoup à la céramique chinoise de la dynastie Tang qui était alors mieux connue en Europe.

Mendes da Costa était à la fois céramiste et sculpteur, une combinaison fréquente à l’époque. Au début de sa carrière, il partageait son atelier avec le sculpteur Lambertus Zijl, dont le modelé libre et le travail au couteau servaient une expression fort appréciée par les amateurs. Mendes da Costa, suivant l’exemple de ses compatriotes, utilisait un style géométrique strict dans lequel les différents volumes semblaient s’emboîter comme les pièces d’un puzzle. Altorf et Van der Hoef ont travaillé dans cette même veine. Le meilleur exemple de ce style aux lignes pures et aux formes simples revient à Théo Vos et à sa statuette d’une femme dansant (Dansende vrouw), une œuvre très stylisée qui tirait son inspiration de l’art égyptien ou javanais.

Le céramiste et sculpteur Van der Hoef fit exécuter son œuvre par une fabrique d’avant-garde à Amsterdam, la Amstelhoek, où l’on travaillait à la fois la terre et le métal. Les créations de Van der Hoef ont des formes d’une extrême simplicité. La décoration, entièrement fondée sur la couleur, consiste à inclure ou apposer un motif au moyen d’argile de teintes contrastées, une technique traditionnelle dans la poterie populaire. Une même sobriété caractérise l’œuvre de Jan Eisenloeffel, qui fut engagé par la fabrique Amstelhoek. Il réalisa un service à thé en cuivre jaune qui fut très apprécié. La forme de la théière se référait à un modèle traditionnel japonais, le pot à saké, mais l’artiste inventa de nouveaux motifs décoratifs qui imitaient les éléments de construction comme les rivets. Eisenloeffel mit beaucoup d’énergie à défendre son idéal rendre les objets esthétiques accessibles au grand public. Il n’y réussit qu’en partie car ses projets demeuraient trop onéreux. Après 1910, alors qu’il était tenu par Amstelhoek de fabriquer des objets de luxe, il utilisa l’art chinois et javanais pour créer une décoration très détaillée et des couleurs aux accents émaillés.

Une autre spécialité javanaise apparut le batik, une peinture sur soie, qui s’était développée dans les Indes néerlandaises (Indonésie) pour décorer des étoffes et des parchemins. Le batik fut, autour de 1900, l’une des contributions les plus originales des Pays-Bas à l’Art nouveau. Différents artistes tels Lion Cachet, Chris Lebeau et Thorn Prikker l’appliquèrent aux paravents, aux tentures murales et aux reliures de livres ce travail reçut un très bon accueil dans les expositions universelles. En ébénisterie, la tendance constructive et rationnelle dominait. Évitant les lignes fluides, le bois taillé au décor stylisé, souvent incrusté d’ivoire, prit place dans les décorations. Le berceau créé par Johan Thorn Prikker pour un médecin de La Haye — dont la maison avait été dessinée par Van de Velde — montre une surabondance d’éléments décoratifs à l’intérieur d’une construction architecturale aux lignes rigoureuses. Les parties dues à la main du sculpteur Altorf comportent toutes sortes d’insectes stylisés et de coquilles d’escargot. Sur les quatre montants figurent de petits animaux en ivoire, sans doute inspirés par les netsuke japonais, des boutons de ceinture alors collectionnés en Europe comme des curiosités.

Le renouveau toucha tardivement l’art du verre, grâce au jeune créateur Andries Copier, embauché en 1923 comme conseiller artistique par la verrerie de Leerdam. Les créations de Copier et de ses collègues en matière de verre libre furent vendues sur le marché comme des pièces uniques, mais servirent en même temps d’expérimentations pour les souffleurs. Chris Lebeau proposait surtout des formes robustes et monumentales. Il quitta ensuite Leerdam pour la Bohême où il réalisa ses meilleures œuvres. Le verre transparent était souvent agrémenté de petits morceaux de verre coloré ou bien revêtu d’étain craquelé.

La production avant-gardiste de la fabrique de Leerdam illustre bien le passage d’un style gracieux et souvent très artisanal à une approche plus industrielle et commerciale qui, dans le courant des années 1920, devint plus manifeste encore sous l’influence des idées du Bauhaus et du mouvement De Stijl. Le verre pressé, fabriqué industriellement pour créer des services, ouvrait une nouvelle voie qui permit à un large public de se procurer des ensembles empreints de l’esthétique en vogue. Des architectes éminents tels que Berlage et de Bazel furent souvent engagés comme concepteurs. Le service à petit déjeuner jaune vif réalisé par Berlage et Piet Zwart en 1924 marque cette nouvelle tendance qui peut être considérée comme un adieu définitif à l’Art nouveau.

 

L’essor culturel des Pays-Bas, qui se manifesta dès la fin du Moyen Âge, se perpétua ainsi presque sans interruption pendant quatre siècles. Les échanges artistiques entre les Pays-Bas méridionaux et les Provinces-Unies se poursuivirent malgré la séparation politique et religieuse du Nord et du Sud, consacrée par le traité de Münster en 1648. À partir du xviie siècle, ce sont principalement des sculpteurs qui, après avoir reçu leur formation dans les provinces méridionales, s’établirent dans les Provinces-Unies, mais durant le xvie siècle et la première moitié du xviie siècle, le mouvement d’émigration toucha l’ensemble des disciplines artistiques. L’afflux de ces talents imprima un élan décisif à la vie culturelle des Provinces-Unies.

La scission religieuse du Nord et du Sud joua cependant un rôle déterminant sur l’évolution des styles alors que les provinces catholiques du Sud privilégiaient le vocabulaire du baroque et recouraient abondamment à l’allégorie, les artistes du Nord optaient pour la sobriété d’un style inspiré par les modèles du classicisme.

La capacité de s’ouvrir continuellement aux courants étrangers explique sans doute en partie la vitalité culturelle que les Pays-Bas manifestèrent durant cette longue période. Au xvie siècle, la pénétration des éléments italiens s’illustrait à la fois par l’adoption du style Renaissance et par l’essor des industries du verre et de la céramique. Au xviie siècle, c’est la Chine et le Japon qui inspirèrent la production de faïence, alors que la décoration intérieure préfigurait la mode des chinoiseries qui se répandit en Europe dès le début du xviiie siècle. À la fin du xviie et au xviiie siècle, le goût de la régularité trahit l’ascendance du style français sur les arts décoratifs. Les artistes réussirent toujours à exploiter ces influences à leur propre avantage.

Au xixe siècle, l’essoufflement des commandes plongea la vie artistique dans une certaine torpeur, même si la présence de grands talents et l’esprit d’ouverture des milieux culturels favorisaient de brillantes initiatives dans l’entourage du philosophe Hemsterhuis, le néoclassicisme suscita un intérêt particulièrement précoce à la fin du siècle, des créateurs isolés, comme Colenbrander, proposèrent une interprétation originale de l’Art nouveau.

Comparés à la production des pays voisins, les arts décoratifs et la sculpture des Pays-Bas affichent une retenue caractéristique des valeurs bourgeoises. On y chercherait en vain la trace d’une quelconque folie des grandeurs. Les habitations de la bourgeoisie aisée et même les palais princiers conservent des dimensions modestes, qui imposent un caractère intimiste aux intérieurs. Avant le xixe siècle, le pays resta fermé à toute forme d’art monumental. Le talent des artistes des Pays-Bas ne s’exprimait donc pas dans les dimensions de leurs œuvres, mais dans leur sobre raffinement, d’une austérité parfois spartiate, et leur remarquable qualité d’exécution. Ces caractéristiques sont constantes à travers les quatre siècles d’essor artistique des Pays-Bas on les trouve à la fois dans les minuscules pendentifs de chapelet de la fin du Moyen Âge, les projets élégants de Van de Velde ou les sobres vitrages modernistes de Berlage. Aux Pays-Bas septentrionaux, la sculpture et les arts décoratifs étaient moins destinés aux palais et aux églises qu’aux habitations de la bourgeoisie. Les observations que le voyageur anglais Peter Mundy recueillit vers 1640 sur les habitants des Pays-Bas en apportent une étonnante confirmation Les autres meubles et ornements de leurs habitations sont aussi très coûteux et curieux, pleins de plaisir et de satisfaction domestique, comme les riches armoires, les secrétaires, etc., les images, la porcelaine, les riches et délicates cages d’oiseaux, etc. [on trouve] toutes ces choses dans toutes les maisons, quelle que soit leur qualité, merveilleusement nettes et propres.

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